Gérard Pélisson,fondateur d’Accor,en Tunisie:sous le signe du partage

« Co-Président Fondateur Accor, leader de l’hôtellerie en Europe, Président de l’Union des français de l’étranger, Gérard  Pélisson, attaché à la nouvelle gouvernance en cours en Tunisie,  sera parmi nous le 20 et 21 mars 2014.

Il donnera le 21 mars une conférence au Novotel Tunis autour du livre, consacré aux deux fondateurs Gérard Pélisson et Paul Dubrule, sous le titre: Le Bonheur d’entreprendre de Novotel à Accor : une formidable aventure humaine », déclare Dr Abderahman Belgat, co-organisateur de l’événement, S.G de l’Association des Investisseurs européens en Tunisie et Président de B.C.Consulting, qui a bien voulu éclairer « Leskoop » sur le contexte de cette visite et rendre compte de son appréciation de la nouvelle dynamique politique et économique dans notre pays.

Leskoop : qui est Abderahman Belgat ?

Diplômé de Paris-Dauphine, Abderahman Belgat a été l’Ambassadeur du Groupe Accor dans le monde arabo-musulman et Directeur en charge des projets spéciaux pour l’Afrique et le Moyen-Orient, il a fondé en 2013 B.C.Consulting et contribué à la création de l’Association des investisseurs européens en Tunisie tout en assurant la vice-présidence de l’Association francophone des experts et scientifiques du tourisme.

Leskoop : M Belgat, comment avez-vous réussi à convaincre M.Gérard Pélisson de venir en Tunisie ?

Abderahman Belgat :

Une relation d’amitié, de respect mutuel me lie à M.Gérard Pélisson, co-fondateur du quatrième groupe mondial de l’hôtellerie et des services, auprès de qui, j’ai eu le bonheur et le privilège de contribuer, à ses côtés,  à l’implantation et à l’essor du Groupe Accor dans les pays arabo-musulmans. En fait, je n’avais pas besoin de le convaincre de venir en Tunisie puisqu’il est profondément attaché à la prospérité du Maghreb et à l’Afrique en général et s’est toujours senti solidaire du destin de la rive sud de la méditerranée.

Leskoop : existe-t-il des raisons pragmatiques à cet attachement aux pays du sud ?

Abderahman Belgat :

Le Président Gérard Pélisson, qui fera le déplacement en Tunisie, accompagné d’une délégation restreinte, n’est pas un homme de courte vue. Traverseur de frontières, partisan d’une politique de solidarité économique euro-maghrébine, dont le modèle ne soit ni celui où la performance écrase la solidarité, ni celui où l’assistance inhibe le désir d’entreprendre mais celui où l’équité préside aux rapports de production, a toujours eu un penchant particulier pour l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, loin des postures mercantilistes  des stars de la finance internationale avec leur bigoterie ultralibérale.

Leskoop : ce n’est donc pas un voyage d’affaires ?

Abderahman Belgat :

Le co-fondateur du Groupe Accor, partisan d’un monde dans lequel la finance est au service d’un projet social et non l’inverse, a dépassé depuis longtemps la dictature du court terme dans sa vision gestionnaire du capital. Il s’agit donc d’un message d’espérance adressé aux tunisiens à travers une conférence sur la thématique de l’entreprenariat, les challenges des futurs bâtisseurs et le bonheur du partage.

Leskoop : avez-vous lu le livre de Gérard Pélisson ?

Abderahman Belgat :

Bien sûr et je le recommande à tous ceux qui veulent sauter le pas, réaliser leurs rêves et lancer leurs propres projets dans un monde où chacun est appelé à s’engager dans un effort permanent de réactualisation de ses relations humaines, de ses compétences, de sa connaissance du monde, de ses investissements afin de ne pas sombrer dans l’anachronisme.

Leskoop : que pensez-vous du positionnement du Groupe Accor en Tunisie ?

Abderahman Belgat :

Je ne doute pas un seul instant que sous l’autorité et la direction avisée de Sébastien Bazin, PDG du Groupe, Accor continuera son rayonnement en Tunisie, au Maghreb et dans toutes les régions du monde.

D’ailleurs, à travers ce déplacement en Tunisie, le Président Gérard Pélisson entend rendre aussi hommage aux élites politiques et économiques du pays et confirmer cette confiance retrouvée dans la dynamique des nouveaux consensus, issus du Dialogue national.

Leskoop : à la tête de B.C.Consulting, quel est votre diagnostic du site Tunisie 3 ans après la révolution ?

Abderahman Belgat :

A évènement exceptionnel, effort exceptionnel. La Tunisie peut s’en sortir et relever les défis de l’emploi et de la stabilité à condition de replacer l’économie au cœur du débat public.

Propos recueillis par Imededdine Boulaâba

www.bcconsulting.pro

www.abelgat.com

article du magasine LESKOOP

http://leskoop.com/content/g%C3%A9rard-p%C3%A9lissonfondateur-d%E2%80%99accoren-tunisiesous-le-signe-du-partage

Aucun plan stratégique à la hauteur du secteur n’est mis en œuvre.(Liberté-Algérie)

Nous arrivons à la fin de l’année 2013 et les médias parlent des bilans économiques de la décennie. Ils se contentent dans l’ensemble de constater des faits avec un regard plus ou moins optimiste ou pessimiste.
Pourtant, depuis la fin du terrorisme, les années 2000 ont été les plus barbares économiquement parlant du point de vue du développement du tourisme en Algérie. Les plus violentes contre la classe des voyagistes, mais aussi les plus destructrices pour le capital investissement à cause du foncier, dont les contradictions internes ou externes du ministère se sont exacerbées à l’extrême.
Si nous examinons cette réalité, ce n’est pas pour larmoyer sur la misère croissante des saisons estivales passées ni pour rechercher des remèdes sur la machine touristique en proie aux pires difficultés. Il s’agit de dénoncer, une fois encore, le renforcement de l’exploitation et de la barbarie dans laquelle survit ce secteur, qui continue à plonger de plus en plus dans l’inhumanité. Mais aussi de mettre en évidence l’affaiblissement strictement économique du tourisme et son enfermement dans ses propres contradictions. Bref, il s’agit de mesurer son évolution économique durant cette dernière année, à l’aune de la maturation et des conditions de sa prise en charge par certains mouvements politiques inaptes à gérer un secteur aussi névralgique.
À travers les différents articles analysant la situation du tourisme y compris ceux de toute la presse, nous avons en grande partie tiré un bilan de cette décennie. Les statistiques les plus déformées contredisent violemment celles qui saluent les années 2010 à 2013 comme un nouveau départ d’un tourisme beaucoup plus agressif et plus efficace, alors qu’il n’arrive pas à retrouver sa force ni sa capacité à améliorer les conditions matérielles de son existence.
Quelles que soient les déformations énoncées par sa tutelle ministérielle, parfois énormes et loin de la réalité, les statistiques, elles, tendent à mettre en évidence les faillites et les faiblesses du système. Tirer un bilan économique depuis que la dernière équipe gouvernante est là, nous distingue à travers deux aspects sur la réalité. Bien qu’étant étroitement liés et dépendants, ils n’en sont pas moins distincts. D’une part, le manque d’évolution d’existence d’une promotion sérieuse et intelligente du secteur en particulier, et des suivis de son évolution par le ministère et par les mécanismes internes de la machine administrative, ainsi que sur le développement dans ses contradictions à travers les associations et fédérations œuvrant dans le tourisme.

La tutelle conduit les agences de voyages à l’agonie
Le ministre en charge du secteur continue à ignorer la substance des agences de voyages (ADV) sahariennes. Pour lui, elles ne constituent pas un objectif, mais un pis-aller, un moindre frais productif, comme l’ont été les systèmes d’exploitation du passé. Le ministère n’a pas jugé utile de subvenir aux besoins des sociétés touristiques du Sud ni pu leur donner une priorité dans son calendrier. Nous ne sommes donc pas loin de la politique de l’esclavagisme ou du féodalisme qui, comme des bêtes de somme, ne sont même pas nourris, quelle que soit leur rentabilité… Pire, la tutelle continue d’ignorer les alarmes déclenchées par les experts qui se prononcent à travers les rares rencontres sur la question pourtant cruciale d’un programme audacieux pour les gens du Sud.
Aderrahmane Belgat, directeur de sciences économiques depuis 1973, directeur général du groupe mondial Accor pour l’Afrique et Moyen-Orient et médaillé d’or du tourisme mondial, a maintes fois signalé par amour du métier et du pays aux responsables du secteur touristique algérien les failles et les impasses dans lesquelles s’enfoncent tous les voyants du secteurs. Un des facteurs qui entretient le sous- développement de notre pays en matière de tourisme, d’après notre expert, est le fait que la quasi-totalité des entreprises n’est pas écoutée et que les propositions de celles-ci sont ignorées et restent dépendantes de l’administration centrale, qui n’est pas forcément experte en la matière. Du coup, le cours de ces entreprises s’effondre et leur modernisation se ralentit.
Défiant ces réserves, le calcul de la rémunération réelle fait ressortir aussi nettement la dégradation permanente par la promotion d’une jeunesse sans expérience à des postes névralgiques des décisions de l’économie du secteur. Pour les experts, il n’y a rien de grave, pour peu que ces postes ne profitent pas à la spéculation. De même, la production dans les régions du Sud ne s’est pas inscrite par de nouveaux signes positifs, car les valeurs créées ne reposent que sur du vent. Les profits qui en découlent s’avèreront tôt ou tard fictifs dans une vérité cruelle. La situation ira alors vers l’abandon global des postes et l’effondrement des secteurs des services détruisant ainsi 20 milliards de dollars prévus chaque année pour la destination Algérie ainsi et surtout aux agences de voyages sahariennes. La faillite sera là, elle s’annonce déjà grandement.
Le premier responsable n’est pas dans l’économie des œuvres d’art, encore moins dans la connaissance des circuits touristiques ni dans son hôtellerie, bien que pas très florissante. Il se double d’une vision mi-sociale et mi-culturelle, en sens d’affaire sans éthique. Nous sommes loin d’un tourisme à construire. Tout ressemble à jouer d’influence dans un monde qui veux faire valoir ses visions sans les valeurs.
Le sens inné des valeurs économiques du tourisme n’est hélas pas prêt à ouvrir son profond intérêt pour les civilisations différentes, ni pour le culte de l’esprit, ni dans le traditionalisme qui l’a inspiré.
Si tant est pour être un homme d’affaires, la tutelle est avant tout en manque d’une culture économique et ne maîtrise ni l’hospitalité ni la mise à niveau de son secteur touristique. Ainsi vont de nos jours les capacités des voyagistes, de l’hôtellerie et des plans de leur développement mûrement réfléchis entre les mains de décideurs pitoyables. L’accès aux biens nécessaires au développement manque d’intelligence à sa réalisation et la classe des travailleurs ne survit que lorsqu’elle est obligée de se vendre morceau par morceau, telle une marchandise. Elle est livrée à toutes les vicissitudes de la concurrence et à toutes les fluctuations du marché. De Djanet à Tamanrasset, jusqu’à Timimoun.
C’est pourquoi, actuellement, le ralentissement de la croissance touristique se traduit inévitablement par le développement de sa misère et de sa pauvreté. Les services touristiques restent décadents grâce aux vieux reflexes et au manque de formation et l’essor des forces productives négatives, par une entrave misérable et chronique ministérielle. Dans ce pays qui vit à côté d’une bourgeoisie étalant ses richesses et régnante dans des conditions de mépris absolue pour les services du tourisme algérien, le bilan de l’année touristique tellement vanté a l’égard de cette réalité ignore la fuite de cette classe bourgeoise vers les autres destinations.
La Banque mondiale, cet organisme financier international chargé plus spécifiquement de surveiller les pays dit hypocritement “en voie de développement”, tire un bilan catastrophique dans son dernier rapport pour 2013. En particulier sur l’économie en cause et des services hors hydrocarbures. On ne pourrait accuser seulement le ministre du Tourisme dans ce cas, mais la réalité est trop criante. Un tel bilan est un appel au secours urgent pour le secteur qui dérive plus que jamais. L’idée d’agir en équation définitive des lois économiques pour les ADV et pour l’hôtellerie en déroute à une période critique et aberrante de notre point de vue. Le tourisme se meurt, statistiques en mains. L’écroulement du mode productif qu’Il représentait est une réalité à travers les divergences macroéconomique entre les mains d’un nouveau puissant. Les investisseurs sont trop laxistes ou trop restrictifs ou enfin, de réductions délibérées par la tutelle. Les dépenses affectées pour la lutte dans la sécurité s’envasent du but réel et l’aggravation de la misère du secteur s’affirme avec une bonne tache de politique tristounette. La paupérisation est générale et s’accélère. Le bilan de l’année 2012-2013 a vu s’approfondir et s’étendre, plongeant dans la banqueroute pure et simple un secteur pourtant promis à des jours heureux. Voilà la politique des jeunes sans expérience et d’un ministère livré à l’aventurisme amateur.

12 Décembre 2013

http://www.liberte-algerie.com/contributions/bilan-economique-d-un-tourisme-a-l-agonie-aucun-plan-strategique-a-la-hauteur-du-secteur-n-est-mis-en-uvre-211942

Le tourisme entre la crise économique et les turbulences géostratégiques… ( Tribune Economique )

Mr belgat

Entre la crise de la dette dans les pays de zone euro, avec son lot de mesures d’ajustements à impact dépressif sur la demande et l’activité et l’emploi, et la transition politique à impact dépressif sur l’activité et l’emploi dans les pays de la rive sud de la Méditerranée, le tourisme dans la zone Euro-Med navigue entre deux turbulences qui ne finissent pas de finir. Dans ce contexte de basse conjoncture, la rédaction a choisi de traiter d’un dossier des plus brulants à bien des égards. Aussi nous avons fait appel à l’expert en la matière, pour cadrer la problématique « houleuse » du tourisme Euro-Med dans une conjoncture toute aussi « houleuse ».
Né en 1948 à Skikda en Algérie, Abderahman Belgat (Abdou pour ses amis) est considéré comme l’homme « providence » du tourisme méditerranéen. Expert International reconnu et apprécié, il est en exemple, élu en 1985 « l’Homme du tourisme français » par la presse argentine et se voit remettre la même année « la Clé de la Ville de Miami-Beach » et « le Médaillon du Gouvernorat de Floride ».
Il a fait ses premiers pas en 1970 dans un secteur émergent, porteur de vastes espérances pour les pays de la région. En 1972, il intègre le légendaire Palace « Le Plaza Athénée », Avenue Montaigne à Paris (nominé meilleur palace du monde durant 3 années consécutives 1977,78 et 79)… pour finir comme Ambassadeur et Directeur en Charge des Projets Spéciaux Afrique-Moyen Orient du Groupe ACCOR.
L’Ambassadeur d’Accor, Diplômé de l’Université Paris Dauphine (DESS, DEA, prélude à une thèse de Doctorat en Sciences de Gestion et d’Organisation) est un homme multiculturel, affable et passionné de football. Aux cotés du Co-président Fondateur Gérard PELISSON, il a eu la lourde mission de développer et de consolider au cours de cette dernière décennie la présence d’ACCOR dans les pays arabo – musulmans à laquelle les Dirigeants du Groupe accordent une attention particulière. L’exemple de réussite du Groupe en Arabie Saoudite, vitrine du monde arabo-musulman, en est une parfaite illustration.

Par ses différentes fonctions, tout au long de sa brillante carrière débutée il y a plus de 40 ans à la belle Ecole du Club Med, il a été conduit à occuper des postes clés dans la gestion d’infrastructures hôtelières et à sillonner le monde pour partager ses compétences et son savoir-faire lors de séminaires et rencontres au cours desquels il anima des conférences ou des cycles de formation.
En plus de ses compétences ; sa « nord-africanité » et sa connaissance des structures socio-mentales du monde arabo-musulman constituent la meilleure des cartes de visite pour prendre en charge et relever les défis de l’ouverture internationale et la globalisation dans les pays de la région arabo-africaine, notamment en transition démocratique.
Dans un monde qui bouge, la zone arabo-méditerranéenne doit faire face à des défis et enjeux géopolitiques et stratégiques importants et la partie n’est pas gagnée d’avance, notamment en matière de tourisme. Abdou a toujours de la ressource …et un portefeuille relationnel impressionnant qui sert l’intérêt général. De plus, avec sa qualité d’Ambassadeur du groupe et d’Expert International du Tourisme, les portes au Moyen-Orient, en Afrique et dans les pays arabes et musulmans lui sont toutes ouvertes.
Dr Abderahman Belgat, Vice Président de l’AFEST (Association Francophone des Experts & Scientifiques du Tourisme), a toujours insisté au cours de ses conférences sur le triptyque du professionnalisme : la vigilance quant «à l’image du pays à l’extérieur », le respect des lois et des règles de la courtoisie et de l’hospitalité et la lutte contre toutes les formes d’incompétence et de médiocrité.
La Rédaction de Mag-Eco-IHE a sollicité notre Ami Abdou, pour contribuer à déblayer le terrain afin d’essayer de concevoir une nouvelle « feuille de route » pour les pays d’une région en pleine turbulence, mais Oh combien stratégique.
Mag-Eco-IHE : Quelle est votre appréciation sur la conjoncture internationale dans la zone euro-méd. dans un contexte géostratégique, et son impact sur le tourisme dans cette région ?
Le Bassin Méditerranéen (Europe latine, Pays de l’Adriatique, Proche-Orient et Maghreb) a développé un tissu de relations économiques, institutionnelles et humaines qui lui offre un positionnement et un statut particulier sur le plan géopolitique. Cet ensemble, ce « Bloc » en devenir se trouve confronté aujourd’hui à de grandes incertitudes sur son avenir qu’il soit national, régional ou internatinal ;
1 / Depuis les années 1930, cette nouvelle profonde et grave crise économique et institutionnelle en Europe qui perdurera, affecte aussi les pays de l’Adriatique promis à une intégration, malgré le sérieux handicap de la crise en Grèce.
2 / Le « printemps arabe » qui a pris son essence en Tunisie en Janvier 2011, fait souffler sur le monde arabe un vent de liberté et de début de démocratie, c’est-à-dire la fin de régimes dictatoriaux et népotistes. Les Pays sont entrainés dans une phase de transition difficile et longue qui n’exclut pas les retours en arrière, ou plonge certains Etats dans une phase de réaction avec des impacts sérieux sur le plan de la stabilité et de la croissance économique.
Mag-Eco-IHE : Quel impact sur le Tourisme ?
La crise économique et les printemps arabes ont finalement eu peu d’incidences sur la fréquentation des pays réceptifs du sud de la Méditerranée. Quand « la Révolution du Jasmin » a éclaté en Tunisie, les touristes français se sont reportés sur le Maroc, les Canaries et la Croatie. Quand l’Egypte a été touchée à son tour, ils se sont détournés vers l’Ile Maurice, l’Afrique du Sud ou encore la Thaïlande. En fait, quel que soit la nature des évènements, ils changent leurs destinations sans problème et reviennent quand les choses se calment.
Au cours des deux dernières décennies, la « géographie des destinations » des touristes français et européens ne s’est finalement modifiée qu’à la marge, c’est en tout cas ce que constate François BOSNAVARON dans son dernier article sur ce sujet dans le journal Le Monde. L’impérieux besoin de voyage est toujours le plus fort. C’est ainsi que les touristes français sont plus nombreux en 2012 qu’en 2011, et c’est aussi le cas des allemands des belges et des néerlandais.
Mag-Eco-IHE : Selon vous, quelles seraient les perspectives en général et sur le tourisme en particulier ?
Si cette globalisation ou mondialisation peut nous interpeller et nous laisser dubitatifs sur le moyen et le long terme, Je suis par contre très optimiste sur les perspectives du tourisme dans le monde, et dans la zone euro-méditerranéenne en particulier. Le Tourisme international dans la zone euro-méditerranéenne devrait fortement progresser au cours des 20 prochaines :
1 Milliard de Touristes en 2012 ; 2 Milliards en 2020-2030 !
D’après les prévisions de l’OMT, le tourisme international continuera son expansion en 2012, bien qu’à un rythme plus lent. Les arrivées devraient augmenter de 3-4%, pour franchir le cap historique du milliard d’ici à la fin de l’année. Le cap de 2 milliards de touristes internationaux pourrait être atteint en 2020- 2030.
Les économies émergentes repasseront en tête : les plus forts taux de croissance sont attendus en Asie-Pacifique et en Afrique (de 4 à 6%).
Les données disponibles relatives aux recettes et aux dépenses touristiques en 2011 cadrent de près avec l’évolution positive des arrivées. L’ensemble des recettes touristiques représente environ 5% du PIB mondial.
Pour certains pays émergents ou avec peu d’activités industrielles, les recettes du tourisme peuvent représenter entre 20 et 40% de leur PIB
Dans le domaine de l’emploi, celui-ci est estimé à 250 millions de personnes, soit 6 à 7% de l’emploi dans le monde, travaillant directement dans le secteur du tourisme, ou dans des activités proches ou nécessaires au développement touristique
Ils sont réalisés principalement dans les pays où la croissance touristique est forte ou représente une part importante de leur PIB, essentiellement les pays émergents, et les petits pays insulaires.
Dans le tourisme et les activités connexes, ils sont estimés par la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED) à environ 10% du montant annuel des investissements mondiaux (1 200 Mds US$).
Mag-Eco-IHE : Selon vous, les pays du pourtour sud de la Méditerranée disposent- ils de réels potentiels de croissance pour l’Afrique ?
Bien évidemment: le tourisme en Méditerranée épicentre du tourisme miondial, est annoncé compme « l’industrie du futur ».
Les grandes destinations du sud de la Méditerranée : Egypte, Tunisie, Maroc, et bientôt Algérie pourraient accueillir plusieurs dizaines de millions de touristes supplémentaires en 2020-2030 à condition de mettre en place des politiques actives en faveur du développement touristique, et de créer les infrastructures de transport et d’hébergement nécessaires.
Cela permettrait de créer de nombreux emplois qui représentent un moyen de lutter contre la pauvreté dans les pays économiquement faibles, et sont souvent un facteur d’intégration et de promotion pour des classes de populations importantes, comme les femmes et les jeunes.
Mag-Eco-IHE : Quelle est votre appréciation sur l’évolution politique, économique et financière en Tunisie dans ce contexte géostratégique ?
La Tunisie a toujours eu un rôle important dans le concert régional et international, donc aucun doute à avoir pour son avenir à moyen et long terme.
Les phénomènes extrémistes dangereux n’existent pas vraiment en Tunisie, même si on peut déplorer certaines situations comme celle dont a été victime récemment Mr Jamel Gharbi et sa famille, à Bizerte. Ces actes d’un autre âge doivent être sévèrement condamnés ; Cela ne correspond ni à la nature et à l’esprit de la Tunisie nourris par les idées du Président BOURGUIBA. Scolarisation généralisée, statut avancé de la femme, santé publique, libéralisme économique sont des barrières contre les dérives du sectarisme.
Le Monde de l’Investissement, des Affaires et le Tourisme en particulier exigent un climat de sécurité et le respect de l’application des lois et des conventions internationales. Cette réalité, non négociable, favorisera l’émergence d’un environnement positif pour un développement économique et permettra d’accompagner les aspirations démocratiques du peuple tunisien.
Mag-Eco-IHE : Et sur le tourisme en Tunisie ?
La Tunisie dispose d’un patrimoine naturel et culturel aujourd’hui sous exploité, mais aussi et surtout d’un savoir-faire incontestable en matière de tourisme.

1 / La Destinée touristique de la Tunisie a commencé dès les années 1920 lorsque la Metropole projetait de faire de Tunis une station d’hivernage apte à concurrencer Alger et Le Caire.
Le Tourisme sous sa forme industrielle ne s’y est développé qu’à compter de l’Indépendance en 1956. Sa mise en application fut un pari stratégique audacieux et précurseur pour un pays en développement.
Trois étapes essentielles ont marqué son évolution :
Le Décollage (1957 à 1972) ; L’Essor (1972 à 2000) et La Crise (2000 à Aujourd’hui).
2 / Les Tunisiens et les Tunisiennes bénéficient d’un bel héritage et disposent d’un sens aigu de l’accueil, qui est à la base de la réussite d’un séjour touristique.
Il y a aujourd’hui à l’évidence un décalage important entre l’image perçue par les touristes étrangers, et la réalité du pays. Il faut les rassurer sur la stabilité politique et sécuritaire par des actions concrètes et une politique qui lèvent tout camouflage entre les objectifs déclarés et les objectifs poursuivis.
3 / Sur le plan strictement touristique, il faudra miser plus que jamais sur la qualité des hébergements et se vendre au bon prix, sans chercher à brader systématiquement les prix. Cela permettrait d’engager des travaux de rénovation des équipements, de mieux payer le personnel et mieux le former. Il faudrait aussi réfléchir aux conditions de libéralisation de l’espace aérien tunisien, et du développement de l’immobilier de loisirs en facilitant l’achat d’appartements aux étrangers.
Mag-Eco-IHE : Nous allons parler de tourisme durable. Quels sont les points forts et les points faibles de ce concept ?
Le tourisme durable recouvre généralement toutes les formes de tourisme alternatif qui respectent, préservent et mettent durablement en valeur les ressources patrimoniales (naturelles, culturelles et sociales) d’un territoire à l’attention des touristes accueillis, de manière à minimiser les impacts négatifs qu’ils pourraient générer.
Les points forts de ce nouveau concept de développement touristique sont donc évidents.
L’Organisation Mondiale du Tourisme le définit d’ailleurs de la manière suivante : « Le développement touristique durable doit satisfaire les besoins actuels des touristes et des régions d’accueil tout en protégeant et en améliorant les perspectives pour l’avenir. Il est vu comme menant à la gestion de toutes les ressources de telle sorte que les besoins économiques, sociaux et esthétiques puissent être satisfaits tout en maintenant l’intégrité culturelle, les processus écologiques essentiels, la diversité biologique, et les systèmes vivants. » (OMT). Sous la condition que tous les acteurs concernés participent activement et s’engagent à respecter la mise en œuvre effective du tourisme durable (GTD). »
Le Tourisme durable s’inscrit donc dans une dynamique qui articule des modes de déplacements, de production et de consommation éco-responsables, tout en associant étroitement les populations qui vivent, travaillent ou séjournent dans l’espace concerné au projet de développement touristique et aux retombées socioéconomiques, équitablement répartis.
Ce développement suppose un aménagement et une gestion intégrée des ressources, une maitrise des flux (d’énergie, de biens et personnes) et qui implique donc la participation étroite des acteurs locaux, et une écoresponsabilité des touristes, afin de concilier la mise en œuvre du tourisme avec les besoins et capacités d’accueil du territoire. Et cela correspond parfaitement aux nouvelles orientations politiques de la Tunisie, et à ses ambitions touristiques pour demain. Le développement de l’économie touristique doit être avant tout au service des intérêts des tunisiens et de tunisiennes.
Mag-Eco-IHE : concrètement ?
Et bien, comme Cas Concret de réussite de Développement durable dans une grande Organisation : le Cas ACCOR avec PLANET 21.
Ce nouveau programme mondial associe l’ensemble des hôtels et des clients. Alors que le Groupe entre dans une phase d’expansion soutenue avec plus de 40 000 ouvertures de chambres par an, il réaffirme sous l’autorité avisée de son Chairman Denis HENNEQUIN et de son Comex, sa conception d’un développement responsable, qui génère de la valeur partagée par tous.
A la clé, 21 engagements assortis d’objectifs chiffrés que tous les hôtels devront atteindre d’ici à 2015. (Se reporter au site accor.com).
Avec PLANET 21, Accor met l’hospitalité durable au cœur de sa stratégie.
Mag-Eco-IHE : Peut-on parler de « plans de développement du tourisme au cours des 5 dernières décennies ?
Les précédents plans ont misé essentiellement sur le développement de l’hôtellerie balnéaire à bon marché qui ne correspond plus aux nouvelles attentes des clientèles internationales, à la recherche d’ambiances dépaysantes, d’authenticité, de culture et de gastronomie locales, et de contacts avec les populations d’accueil. Combien de touristes en séjour ont partagé un repas avec une famille tunisienne comme cela se fait couramment en Italie ou en Autriche ?
Il faut miser plus sur la qualité des installations, et diversifier nos activités vers d’autres formes de tourisme, en exploitant mieux nos ressources naturelles et culturelles.
Mag-Eco-IHE : Dans quelle mesure, pourrions-nous concevoir un plan de développement durable du tourisme en Tunisie, dans le contexte géostratégique qui prévaut ?
Le prochain plan devra absolument répondre aux principaux critères du développement durable, c’est-à-dire :
satisfaire les besoins actuels des touristes et des régions d’accueil tout en protégeant et en améliorant les perspectives pour l’avenir.
mieux gérer notre patrimoine touristique, tout en préservant l’intégrité culturelle, les processus écologiques essentiels, la diversité biologique, et les systèmes vivants.
Prévoir des aménagements et une gestion intégrée des ressources, une maitrise des flux d’énergie, de biens et personnes.
Enfin, permettre à tous les tunisiens de bénéficier des retombées de l’économie touristique, dans une optique de progrès économique et social.
Mag-Eco-IHE : Un mot sur ACCOR en Tunisie et sur cette belle « succes story » ACCOR.
Comme j’ai eu souvent à l’indiquer (Tourisme Info No 23/2011 du 1er-15 Décembre) l’ouverture récente des premiers Novotel et Ibis sur la prestigieuse Avenue Mohamed v à Tunis est un bel exemple de réussite et marque le redémarrage ambitieux des activités du groupe Accor.
Aujourd’hui et à la faveur de la Révolution du 14 Janvier, une nouvelle page d’histoire va pouvoir s’écrire.
ACCOR est très attaché et reste fidèle aux pays du Maghreb.
En Tunisie, Accor est prêt et s’est engagé à étudier toute forme de collaboration et de développement dans le cadre d’un intérêt mutuel pour apporter sa contribution à la relance du tourisme tunisien et à mettre son expertise reconnue mondialement à la disposition de l’hôtellerie tunisienne en pleine mutation.
Sur cette Succes Story. ACCOR est un avant tout une belle histoire entrepreneuriale née il y a 45 ans par 2 Hommes d’exception et génie Paul DUBRULE et Gérard PELISSON, que j’ai le privilège et le bonheur de bien connaitre.
Ces 2 Visionnaires, oeuvrant pour un projet commun et dans une complémentarité sans failles jusqu’à ce jour et à cette heure !, ont bouleversé sur le plan planétaire le monde de l’Hôtellerie et du Tourisme. Aujourd’hui cotée au CAC 40, Accor a su profiter de cette incroyable intelligence collective « L’Esprit Accor » que nos 2 Co-Presidents fondateurs ont réussi à instaurer avec leurs Equipes.
En 1967, Gérard Pelisson et Paul Dubrule ouvrent le Premier Novotel en France à Lesquin dans la banlieue de Lille.
En 2012, Accor est le Premier opérateur mondial, Leader en Europe. Le Groupe compte plus de 4 400 hôtels dans 92 pays avec 530 000 Chambres.
1er Ecole hôtelière du monde avec plus de 180 000 collaborateurs sous enseignes Accor et plus de 8,3 millions de membres du programme de fidélité Le Club Accorhotels que je recommande fortement, Accor dispose d’une belle notoriété financière avec un C.A de 6 100 Millions d’Euros. Du Luxe à l’Economique, sur les 5 Continents, les Marques hôtelières d’Accor répondent à tous les besoins des voyageurs d’affaires et de loisirs en quête de confort, d’attention et de services.
Depuis Janvier 2011, sous l’impulsion et la vision de Denis HENNEQUIN, profondément attaché à l’histoire du Groupe et de ses Co-fondateurs, Accor a ouvert une nouvelle page de son histoire recentrée sur le métier de l’hôtellerie et dotée de 3 expertises reconnues : Opérateur d’hôtels, franchiseurs et Gestionnaire d’actifs hôteliers.
Œuvre vivante, à la fois gigantesque et complexe car humaine, toujours en perpétuel mouvement, Accor est et restera dans l’histoire entrepreneuriale une véritable « succes story ».

Mag-Eco-IHE : Enfin en votre qualité reconnue d’Expert International et de Vice President de l’A.F.E S.T (Association francophone des Experts & Scientifiques du Tourisme, pourriez vous nous éclairer sur le rôle et le poids de cette honorable Institution ?
Pour votre éclairage, fondée en 1957, longtemps présidée par Pierre DEFERT, Vincent PLANQUE, Georges CAZES ( qui ont marqué de leurs empreintes notre industrie ), aujourd’hui par mon ami Patrick VICERIAT, l’A.F.E.S.T est la plus ancienne des associations françaises et européennes se consacrant à l’étude du secteur du tourisme et des loisirs. Site internet : www.afest.org
Devant le poids croissant des incertitudes économiques, l’ampleur des changements sociaux, la « complexification » de leur environnement concurrentiel, l’impact des nouvelles technologies de l’information et de la communication, les bouleversements géo-touristiques, les Experts et les Responsables publics et privés de notre secteur d’activités éprouvent de plus en plus le besoin de nourrir, d’enrichir leur réflexion stratégique et prospective.
Les Objectifs essentiels recherchés peuvent s’articuler autour de 3 Axes :
1/ disposer d’une meilleure « lisibilité » des perspectives des marchés touristiques.
2/ Enrichir leur vision du fonctionnement de l’Entreprise et de ses évolutions structurelles.
3 / Eclairer leurs décisions stratégiques à court et moyen terme à l’aide de l’analyse scientifique des faits, d’informations fiables et opérationnelles, d’expertise et de diagnostics et plus que jamais d’approches prospectives qui font tant défaut au secteur touristique.

http://www.tribune-economique.com/index.php/archive-des-dossiers/104-le-dossier-du-mois-le-tourisme-entre-la-crise-economique-et-les-turbulences-geostrategiques?showall=&limitstart